Happy White Island Birthday.

Un nouveau jour se lève sur la Bay of Plenty en ce vendredi de décembre. Un vendredi presque comme les autres, si ce n’est qu’aujourd’hui est le jour de mon 32ème anniversaire. Il n’est que 7 heures du matin et mon cadeau se fait désirer. Après que l’appel téléphonique reçu la veille, devant confirmer l’heure de l’embarquement pour un autre monde, ne se transforme en «le skipper ne s’est pas encore prononcé sur l’heure de départ, nous vous contacterons demain matin», nous attendons fébrilement que la sonnerie du téléphone retentisse.

Il est finalement presque 8 heures lorsque le téléphone sonne.
- Bonjour, le départ est pour 9h15, check-in à 8h15, c’est bon pour vous ?
- Bah oui bien sûr !
Branle-bas le combat, nous sommes à 10 minutes de route du quai d’embarquement. Nous finirons de préparer les sacs après l’enregistrement. L’excitation monte sur le chemin. La météo a l’air d’être avec nous, ça s’annonce génial. L’enregistrement fait et les affaires prêtes, nous rejoignons le quai et patientons face aux navires en observant les autres détenteurs du sésame pour cet autre monde. Nous montons à bord du plus gros, en espérant que nous ne serons pas trop nombreux. Je n’aime pas trop partager mes cadeaux !

Il est temps de prendre la mer ! Le Pee Jay V largue les amarres et met le cap plein nord. Il nous faut 90 minutes pour parcourir les 50 kilomètres qui nous séparent de ce bout de terre hostile, «fraichement» sorti des eaux. Sur le chemin, nous aurons la chance d’être escortés par quelques dauphins, ça c’est la bonne surprise. La mauvaise, c’est que le petit bateau va au même endroit que nous, et non pas sur Whale Island comme nous le pensions.

 
 
 

«Terre en vue !». Sous nos yeux ébahis, White Island est là, coiffée de son nuage blanc de vapeurs sulfuriques dérivant vers l’est. Il n’y a presque plus qu’à enjamber le bastingage pour mettre pied à terre. Le petit bateau vient juste de finir de débarquer son monde. Notre tour arrive enfin. Nous faisons partis du dernier groupe de 12 personnes à fouler cette jeune île. Notre guide fait son speech, nous explique comment porter le masque à gaz. Presque aussi impatient que nous et devant la lenteur des groupes qui nous précédent, il finit par demander l’autorisation au chef de commencer la visite par un chemin alternatif. Ça commence bien !

 
 
Detours Magazine / White Island
 
 

Nous avançons donc vers l’intérieur de l’île, les parois du volcan nous encerclent. Nous déambulons au milieu des roches fumantes aux couleurs diverses et variées. Toute une gamme de jaunes et de rouges donne vie à cette terre grise provenant des différentes éruptions, dont la dernière a eu lieu en 2013. Quelques ruisseaux serpentent par endroit, leurs eaux sont chaudes et légèrement aromatisées, le premier que nous croisons a un goût de citron mais n'en reste pas moins corrosif. Au milieu des volutes de sulfure, l’air n’est pas irrespirable, mais la gorge s’irrite petit à petit à cause de l’acidité de l’air. Par endroit, le masque à gaz est plus que nécessaire, les yeux piquent à leur tour.

 
 
 

Nous nous approchons du cratère principal d’où s’échappe un volume impressionnant de gaz chaud. Rien à voir avec les petites cheminées que nous avons croisés jusque là. Il nous est impossible de distinguer les parois de l’autre côté du cratère à travers la fumée. Le spectacle est grandiose ! Dos au cratère, nous avons une vue d’ensemble sur cette espèce de plaine accidentée légèrement vallonée. De quoi aussi remarquer, qu’en cas d’éruption ou même de la moindre manifestation volcanique, la seule issue de secours se trouve à un petit kilomètre… le bout du monde quoi. Mais bon, aucun signe annonciateur de catastrophe alors nous continuons notre ballade et nous nous dirigeons vers une zone d’activité intense. Tout comme à proximité du cratère principal, le masque à gaz est d’une grande utilité. La terre est jaune pépite tellement elle est imprégnée de sulfure !

La visite touche bientôt à sa fin. Nous n’aurons pas l’occasion de grimper sur une des parois extérieures. Seuls les scientifiques peuvent profiter de la vue de la haut en y installant des équipements. Pour nous autres, l’unique option reste un vol scénique à quelques centaines de dollars supplémentaires. Autant dire qu’on se contentera des photos sur internet. Un petit détour par Sharks Bay à l’Est de l’île et nous retournons au site d’embarquement en traversant l’usine de traitement du sulfure abandonnée. Un endroit où j’aurai bien passer plus de temps.

 
 
Detours Magazine / White Island
 
 
 

Nous sommes les derniers à quitter White Island. Nous rejoignons les autres sur le bateau où nous attend notre casse-croute et 90 minutes de mer pour regagner la terre ferme. Après un dernier coup d’œil sur le cratère depuis la mer, nous faisons maintenant cap vers le sud. Magnifique expérience, magnifique anniversaire ! Encore merci.

Allez bisous

 
 
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