Honfleur.
 

Alors que la canicule sévit à Paris, nous décidons d’aller prendre le frais à quelques 250 kilomètres de là pour le weekend. C’est donc presque sur un coup de tête que nous prenons la route pour la côte normande direction Honfleur.

Il est un peu plus de 11 heures lorsque nous quittons nos quartiers, sandwiches prêts et voiture chargée de quelques affaires et matériel de camping. Après 3 heures de route et un détour par Pont-Audemer et ses petits canaux, pour déjeuner et se dégourdir les jambes, nous arrivons à Honfleur et son Camping du Phare. Après une petite demie-heure d’installation de nos quartiers temporaires, où nous découvrirons que notre matelas n’est pas notre matelas car il lui manque une place, nous commençons notre ballade, équipés d’un réflex et d’un 35 mm pour capter les jolies lumières du coin en tachant d’oublier que la nuit sera un peu plus dure que prévu.

D’ouest en est, nous longeons la Morelle, accompagnés des navires ramenant les touristes de leurs ballades dans l’estuaire de la Seine, jusqu’au Vieux Bassin et ses maisons aux façades recouvertes d’ardoises. L’endroit est en quelque sorte l’emblème de la ville de Honfleur, ayant été représenté maintes et maintes fois par quelques peintres plus ou moins connus comme Eugène Boudin (qui a quand même une rue à son nom) et Claude Monet pour ne citer qu’eux.

 
 

De ce premier passage obligatoire par le Vieux Bassin, nous en retiendrons quelques voiliers, un manège et une petite glace, bien agréable par ces 25° ambiants, puis nous nous aventurons dans les petites rues légèrement pentues et parfois pavées qui serpentent vers les hauteurs de la ville. Ici les façades des maisons sont plus colorées et plus souvent à colombage qu’en ardoise, donnant un aspect graphique à ces petites ruelles.

 
 
 
 

A la recherche d’une terrasse et au détour d’un carrefour, nous tombons alors sur une galerie photo avec quelques très beaux tirages en vitrine. Il s’agit de l’atelier/galerie de Jean-Claude Ormont, photographe très sympathique avec qui nous échangeons sur les voyages et la photographie pendant un petit moment avant de reprendre notre promenade.

Nous prenons maintenant la direction du nord et de l’estuaire de la Seine afin de nous approcher du phare aperçu de loin au tout début de notre ballade. Après avoir salué la grande roue locale, nous partons visiter les alentours des Ateliers de Construction Mécanique de Honfleur, entourés de bâtiments de briques plus ou moins laissés à l’abandon et d’une ancienne écluse, qui servait à maintenir le niveau d’eau nécessaire dans le chenal pour le passage des bateaux, clairement abandonnée.

 
 
 
 

Après ces quelques heures de marche et autant de kilomètres, il est temps de se rafraichir un peu. Direction le Vieux Bassin pour une seconde expérience, avec cette fois une bière bien fraiche sur la terrasse de l’Ostréa, et si le montant de l’addition ne nous dépaysera pas des terrasses parisiennes, le cadre nous fera oublier ce petit détail pécuniaire. S’en suivra un petit diner au restaurant Les Fontaines, trouvé sur Trip Advisor, il ne sera malheureusement pas à la hauteur de l’attente suggérée par les commentaires. Sans être catastrophique, il est simplement bon mais sans plus. N’ayant pas réservés, nous avons du nous contenter de la salle intérieure au lieu de la terrasse, sur laquelle les tables réservées n’ont pas toutes été utilisées durant le temps de notre repas.

 
 
 

Nous regagnons enfin notre tente à la lumière du crépuscule après cette charmante journée loin de la canicule parisienne, la tête et le ventre déjà au brunch du lendemain matin.

Dimanche matin, quelques gouttes de pluie et un motard néerlandais nous aident à nous réveiller en laissant  sa moto tourner à 3 mètres de notre tente. C’est donc en bougrognant (quelque chose entre le bougonnement et le grognement) dans un anglais de français à peine réveillé que j’apostrophe le nuisible, après avoir entrouvert la tente, pour lui rappeler l’existence du monde qui l’entoure. Passé cet incident de camping, et une nuit compliquée avec un matelas pour deux et un drap en guise de couverture… Canicule oblige, nous avons laissé la couette et les duvets à la maison.. Nous passons donc la nuit fraichement avec nos serviettes de bain en guise de couverture. Sous la menace de quelques éclairs, nous expédierons les préparatifs matinaux pour nous réfugier au plus vite au Travel’s Coffee, théâtre d’un très bon brunch honfleurais !

C’est donc sous les trombes d’eau que nous sommes accueillis par notre hôte, qui nous propose quand même la dernière table disponible sur la terrasse au cas où, mais nous déclinons et prenons place à une table à l’intérieur. L’endroit est agréable, relativement petit et bas de plafond, mais lumineux et jamais oppressant. Il y règne une atmosphère décontractée qui respire l’Amérique d’il y a quelques dizaines d’années avec des photos noir et blanc au mur dans le style Stephen Shore et panneaux routiers de la route des Keys. Le gérant fait le service et un peu l’animation, les vannes fusent sur à peu près tous les sujets, des tarifs prohibitifs de Paris à l’inutilité de la police locale en passant par les dessous de table de la mairie et les étincelles de l’orage de la veille ! Ce brunch est une belle éclaircie dans ce dimanche matin pluvieux sur les cotes normandes.

 

C’est ainsi que se termine ce petit weekend à Honfleur. Contraint par l’orage, nous prenons directement la route de Paris sans longer la cote, ni l’estuaire de la Seine, en tachant de semer l’orage en route pour profiter d’un après-midi ensoleiller dans notre banlieue préférée.

 
 
 
 

Passionnée de voyage et de photographie, curieuse et touche à tout.