Du Nord au Sud.
 

Ça fait un moment n’est ce pas ? Pratiquement aucune nouvelle durant ce mois de janvier, excepté pour les quelques privilégiés qui savent comment nous joindre. Un petit article sur le Queen Charlotte Track à l’extrême nord de l’île du sud et un autre sur les ruches à l’extrême sud… et entre les deux ? Rien ! Evidemment que non, plutôt pas mal de choses intéressantes entre Picton et Invercargill. Même si,  a priori, la côte Est n’est pas la plus spectaculaire des deux côtes de l’île du Sud, elle regorge d’endroits bien sympathiques et quelques unes de ses petites villes sont très charmantes, comme Oamaru ou Akaroa.

 
 
 
 
 
 

Après avoir déambulé à travers une partie des Marlborough Sounds, autant en voiture qu’à pied, nous avons enfin pris la route du sud, la State Highway 1. Depuis Picton, la ville de Blenheim n’est qu’à une petite heure. Son Ritual Café nous attend pour un splendide brunch bien mérité après avoir suivi un régime à base de nourriture lyophilisée durant les 70 kilomètres de trek. Au sud de la ville se situent les Withers Hills, de hautes collines aux hautes herbes jaunes ocre lorsqu’elles sont inondées de lumière par le soleil, idéales pour une promenade en fin d’après-midi. Non loin, se trouve également l’épave du SS. Waverley, un navire de commerce d’une quinzaine de mètres de long échoué depuis bien longtemps aux alentours de Morepo Island, accessible par un sentier traversant une zone marécageuse.

 
 
 

La SH1 se dirige ensuite vers le lac Grassmere, entouré de marais salants, et bordé à l’est par le cap Campbell dont le phare est devenu inaccessible par la route depuis que les propriétaires terriens environnants ont privatisé la piste censée y mener. Il paraît qu’à marée basse, on peut y accéder à pied depuis le camping de Marfells Beach, mais nos jambes souhaitant avoir un peu de repos et, ne connaissant pas les horaires des marées, nous n’avons pas vérifié la véracité de cette information. C’est donc en pestant contre ces appropriations illégitimes de routes que nous retournons sur la SH1. Celle-ci devient scénique en longeant le littoral, tout comme la ligne de train qui mène à Christchurch. Le qualificatif de scénique n’est pas usurpé et il est vivement recommandé de marquer quelques arrêts sur le bas coté, lorsqu’il y en a, ou sur les parkings improvisés, pour aller marcher sur les magnifiques plages de la côte Est. Seulement pour se dégourdir les jambes, la température de l’eau n’invitant pas franchement à tomber ses vêtements pour piquer une tête. Et pourtant, quoi de plus excitant que de faire quelques brasses avec les phoques ? Probablement, se contenter de les regarder. Indifférents au crépitement des appareils photos des touristes, ils se prélassent, en mode crêpe, ou se battent pour avoir le meilleur rocher sous le soleil néozélandais.

 
 
© Detours Magazine . Du Nord au Sud
 
 

Arrive la ville de Kaikoura, autre résidence de prédilection des phoques, mais c’est surtout le port d’attache des compagnies de Whales Watching et autres dauphins en tout genre. En dehors de ces attractions, pour lesquelles on vous rembourse 80% de la somme si les baleines sont trop timides pour vous laisser apercevoir un bout de nageoire, il y a aussi une petite ballade de 3 à 4 heures qualifiées de must-do pour occuper votre passage dans le coin. En ce qui nous concerne, la tête ailleurs, nous avons complètement oublier de la faire, ça vous fera au moins une surprise si jamais vous venez dans le coin. Sortie de la ville, la SH1 continue sa route le long de la mer, non sans passer près du petit aérodrome d’où décollent quelques avions traqueurs de baleines, votre ultime chance de faire marcher l’économie locale, des fois que vous ayez des scrupules à quitter la ville sans y laisser votre contribution. Mais attention, c’est plus cher et sans indemnisation en cas d’échec, tout ça pour apercevoir une tache bleue foncée sur fond bleu marine ou l’inverse.

 
© Detours Magazine . Du Nord au Sud
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Passé Goose Bay, la route scénique quitte le front de mer et devient banale, comme s’il fallait absolument être une route lambda quand on approche des grandes villes. Parce que oui, nous nous rapprochons de Christchurch, la capitale meurtrie de l’île du Sud. Mais comme nous ne sommes pas pressés, nous allons nous offrir quelques détours pour continuer de profiter du littoral et poursuivre notre chasse aux phares ! Non, nous ne nous laissons pas abattre par l’échec précédent, alors cap sur Port Robinson au bout de Gore Bay. Cette fois pas d’imprévu type route privée, au bout de la piste, un petit parking, disons un carré d’herbes, et un petit panneau informatif avec une sorte schéma explicatif pour finir à pied ! Bon, c’est un pseudo phare, du genre utilitaire et haut comme 3 pommes, qui ne mérite même pas une photo. Au suivant !


 
© Detours Magazine . Du Nord au Sud . Christchurch
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Christchurch ! La ville, grande ville même. En bon nomade moderne, la visite de la ville commence par la visite du i-Site local, nous vérifions auprès de l’hôtesse nos progrès en anglais, à savoir au bout de combien de mots elle va découvrir que nous sommes français ! En général, ça dure jusqu’au « lo » de Hello ! Bref, carte piéton en main et quelques bonnes adresses en tête, nous chassons un Free Wifi pour trouver un logement en ville. La très jolie galerie d’arts modernes et ses canapés nous offrent l’opportunité d’envoyer quelques demandes sur AirBnB avant de faire le tour de toutes les salles d’exposition, en espérant avoir une réponse positive avant de finir la visite. Mais point de retour de nos hôtes potentiels, même en traînant au magasin de la galerie à savoir si c’était raisonnable de claquer une centaine de dollars sur une affiche format A3 qu’on ne pourrait même pas afficher dans le van. Bref, ni affiche, ni réponse, c’est l’heure de manger depuis presque 2 heures, nous quittons la galerie en quête d’un endroit sympa pour se sustenter. Et malgré une sélection de quelques adresses, ça n’a pas été chose aisée ! Les deux premiers restaurants fermés, oui le lundi qui suit le weekend de Noel est férié, nous tombons par hasard sur un restaurant suisse avec fondue savoyarde au menu, mais seulement le soir. Nous finissons par traverser de nouveau le centre-ville, en direction du Re:start Mall, un centre commercial fait à base de containers où se trouvent, probablement, les meilleures pizzas du coin. C’est le ventre plein que nous prenons note des refus AirBnB ainsi que de la mauvaise réputation du patron du resto suisse. Nous finissons par réserver 2 nuits dans un hôtel moderne, proposant même des chambres sans fenêtre, récemment sorti des ruines du centre ville.

Ruines du centre ville ?! Ça fronce un peu les sourcils là ! Parlons un peu de Christchurch 5 minutes. La ville a subi 2 tremblements de terre en l’espace de 6 mois fin 2010 et début 2011, le second faisant 185 morts et beaucoup de dégâts. Il faut s’imaginer le sol du centre ville se soulevant de quelques centimètres et retomber d’autant en quelque secondes, 24 secondes pour être précis. Du coup, un grand nombre de bâtiments endommagés ont été rasés, laissant de grands espaces vides au milieu de la ville, entourés d’autres en instance de démolition, de quelques uns qui ont résisté aux secousses et d’autres, flambants neufs. La grande cathédrale, elle, n’est maintenue en vie que part des poutres métalliques et quelques containers supportant les parties de l’édifice endommagées.

© Detours Magazine . Du Nord au Sud . Christchurch
 
© Detours Magazine . Du Nord au Sud . Christchurch
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Depuis 4 ans, la ville panse ses plaies. Afin de parer au plus pressé, elle reconstruit un centre commercial à base des containers provenant de son port de commerce. En quelques mois, une cathédrale de transition sort de terre comme un symbole d’espoir et de foi pour la population, une cathédrale dont la structure repose sur des rouleaux de cartons, du même genre que vos rouleaux de PQ. Pour apporter un peu de joie, des fresques gigantesques lui redonnent des couleurs et pas mal d’initiatives ludiques et artistiques essayent de combler les vides laissés par les immeubles démolis, comme le Dance-o-matic, une piste de danse avec un lave-linge servant de jukebox permet de connecter son lecteur mp3.

Il se dégage de cette ville une ambiance particulière, son centre-ville est à moitié vide, les commerces touchés par les séismes ont déménagés dans les quartiers alentours, laissant les anciens locaux à l’abandon. Certaines zones sont en reconstruction total, donnant l’impression de se promener dans une ville en train de voir le jour. Et entre ces deux extrêmes, se trouvent les vestiges d’avant février 2011. L’atmosphère est d’autant plus étrange entre Noël et Jour de l’An, beaucoup de commerces et de restaurants sont fermés, il n’y a quasiment que des touristes qui errent dans les rues, la ville est comme en suspens. Passé 19 ou 20 heures, les rues sont désertes alors que le soleil n’est pas encore couché, on se croirait alors en train de visiter une ville fantôme.

 
 
© Detours Magazine . Du Nord au Sud . Christchurch
 

 

  

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