L'aventure continue.

Nous avons un peu de retard, les Wi-Fi gratuits se font rares dans la région. Ce début de mois est intense, nous avons fait tellement de choses depuis le dernier article que ça va être difficile de tout raconter !

Nous voici désormais du côté ouest de l’ile du sud, dans le Fjordland.

On s’est offert deux croisières sur deux fjords différents, le Doubtful Sound moins connu, moins accessible, plus isolé est beaucoup moins fréquenté que son voisin le Milford Sound, plus touristique qui ressemble à Disneyland au mois de Juillet, avec les faux décors en moins évidemment.

Pour vous expliquer un peu, le Doubtful, c’est un fjord inaccessible aux voitures, pour s’y rendre il faut d’abord traverser le lac Manapouri, l’un des plus grands de l’ile du sud, (entouré de montagnes, il est absolument magnifique), puis prendre un bus jusqu'à Deep Cove, et ensuite embarquer sur le Fiordland Navigator pour en admirer tous ces recoins.

Qui dit croisière, dit forcément plus gros budget, on a un peu cassé la tirelire pour pouvoir profiter de ce fjord. Et les croisières hors de prix n’ont pas la même fréquentation que les campings gratuits ! Nous étions en compagnie de retraités et des jeunes bourgeois voyageant en valise à roulettes, ça nous a fait tout bizarre avec notre sac à dos et nos tongs pourries. Nous avons malgré tout rencontré des baroudeurs pour se sentir moins seuls et passer de bons moments.

 
Detours Magazine. Manapouri lake
 
Detours Magazine . Manapouri lake
 
 
Detours Magazine . Doubtful Sound
 
Detours Magazine . Doubtful Sound
 
Detours Magazine . Doubtful Sound

Après avoir admirer une partie du fjord, fait du kayak au milieu de nul part avec la sensation d’être seuls au monde, nous nous sommes rempli l’estomac avec le délicieux buffet à volonté, bœuf et agneau pour Paul, saumon et pommes de terre bien grasses pour moi, fromage ( !!!) et dessert, avec une vue sublime, le pied total !


A la tombée de la nuit, alors que tout le monde ou presque était déjà couché, au moment d’aller retrouver nos petits lits superposés, le capitaine nous a autorisés à déménager nos lits sur le pont du bateau… Nous avons donc dormi au milieu du fjord, sous les nuages nous laissant parfois apercevoir la ceinture d’Orion et quelques autres constellations, bercé par le clapotis des vagues et réveillé par le chant des oiseaux. Le bonheur à l’état pur comme ils disent, on ne pouvait espérer une plus jolie chambre.

Après avoir vogué au petit matin, pendant 15 minutes l’équipage a coupé les moteurs, éteint les générateurs et nous avons pu savourer le silence et la quiétude de cet endroit magique. J’avais limite les larmes aux yeux tellement ce moment était beau et intense, et à la fois j’avais du mal à m’arrêter de sourire. Nous n’entendions que les oiseaux, pas un bruit de téléphone, d’appareil photo, de moteur, pas une personne ne parlait, je pense que nous étions tous scotchés, bouche bée sous une fine pluie, d’avoir la chance d’être là.

Ca m’a donné envie de partir en croisière sur un plus petit bateau, de partir découvrir des endroits isolés sans croiser personne d’autres que des phoques, des dauphins ou des oiseaux.

 
 
Detours Magazine . Doubtful Sound
Detours Magazine . Doubtful Sound

Detours Magazine . Kepler Track

Après cet interlude de luxe, nous avons attaqué 4 jours de trek, c’était trop beau de prendre deux douches en 24 heures, il fallait remettre nos standards à niveau ! C’est donc parti pour le Kepler Track, une Great Walk de 60 km entre montagnes et forêts.

Les deux premiers jours étaient magnifiques, là encore le silence régnait, les oiseaux étaient les seuls à avoir le droit de faire du bruit. Nous avons marché sur les crêtes des montagnes, au milieu de rien, avec un panorama somptueux qui changeait à chaque virage. Nous avons ensuite entamé la descente, et les deux derniers jours sont un peu moins intéressants, nous avons marché dans les bois, les 15 bornes journalières semblent plus longues lorsque le paysage change peu, heureusement les refuges sont situées dans des coins de paradis. Et puis on refait le monde en marchant, on s’imagine des projets de folies pour les vingt prochaines années, on s’interroge sur le cycle de vie de certaines plantes, on observe les oiseaux trop mignons et on parle de bouffe.

On passe une bonne partie de nos treks à imaginer ce que l’on va bien pouvoir manger une fois arrivé… Parce que porter sa maison sur son dos et accessoirement sa nourriture, c’est marrant cinq minutes, mais chaque jour, tu te retrouves dans la cuisine commune à regarder les gens se faire à manger… Ca commence à 16heures et ça ne se termine pas avant 21heures. Et toi, tu sais que tu as 80g de bœuf teryaki lyophilisé pour seul et unique repas jusqu’à ta barre de céréale hyper calorique qui fera office de petit déjeuner le lendemain matin… Alors quand tu as trois allemands qui te sortent des crêpes et du Nutella, puis deux hollandais qui se font du fromage dans des pitas, des français qui bouffent des pop corn et deux suédoises qui mangent des wraps à la saucisse, et bien tu te retrouves à reluquer leur nourriture, à espérer secrètement que quelqu’un veuille t’en offrir un peu, même les fruits secs te font envie ! Tu commences alors à réfléchir… La prochaine fois, si tu ne prends pas ton matelas tu pourras peut-être prendre un kilo de nourriture en plus…

 
 
Detours Magazine . Kepler Track
Detours Magazine . Kepler Track
 
Detours Magazine . Kepler Track
 
 
Detours Magazine . Kepler Track
 
Detours Magazine . Kepler Track
 

Ce n’est donc pas peu fier que l’on a marché ces 60 kilomètres, en mangeant deux sachets lyophilisés et deux barres de céréales par jour que nous avons terminé ce trek haut la main !

S’en est suivi un picnic gargantuesque de mal bouffe au bord du lac, une glace et du chocolat, de quoi avoir mal au ventre pendant les 2 prochains jours !


 

  

 

 

la suite du voyage...

 

Passionnée de voyage et de photographie, curieuse et touche à tout.