Le plus dur c'est pas la chute.

Le plus dur c'est pas la chute.
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C’est l’atterrissage… Référence plus qu’appropriée pour parler de saut en chute libre, alors je vais pas me priver ! Mais avant même de pouvoir sauter, il faut déjà se frayer un chemin, étape par étape, jusqu’à l’avion qui me servira de plateforme d’envol. La première d’entre elles consiste à choisir le décor du saut. Et en Nouvelle-Zélande, il y a l’embarras du choix ! Que ce soit sur l’île du Nord ou celle du Sud, les différents opérateurs clament tous leur savoir-faire et leurs atouts, que ce soit à Lake Taupo, la Mecque internationale du saut à ce qu’il parait, Queenstown, la capitale néozélandaise des sports extrêmes, ou encore à Franz Joseph où il est possible de se jeter dans le vide depuis 19000 pieds d’altitude, « Personne ne saute plus haut en NZ » comme ils disent.

Ayant déjà quelques mois de retard sur ma date d’anniversaire, je n’attendrai donc pas de passer du coté du Lake Taupo et déconcerté par l’aspect usine de Queenstown, je me décide donc pour sauter à Franz Joseph avec la vue sur les glaciers et son option 19000 pieds, au cas où. La 2èmeétape consiste à choisir son altitude de saut et son package souvenirs photos /vidéos. Après quelques moments de réflexion devant le tableau des tarifs, j’essaye de trouver le meilleur compromis. Exit le saut à 13000 pieds, 45 secondes de chute libre, ce n’est vraiment pas assez. Les 80 secondes de chute du saut à 19000 sont tentantes, mais la différence de prix avec le saut à 16000 coute le prix de l’option photographe personnel, faisant ainsi exploser le budget du cadeau… Au final, comme il est hors de question de se contenter des photos à la Go Pro depuis le poignet de l’instructeur, j’opte pour le saut à 16000 pieds avec le photographe perso.

A partir de là, tout s’enchaine. Accompagné de quelques autres sauteurs, me voici dans le hangar à enfiler ma combinaison de saut en écoutant le brief de mon instructeur de vol. Puis c’est mon photographe qui me brief sur le scénario vidéo, à base de « quand je viens vers toi comme ça c’est pour faire un high-five » ou encore « comme-ci, c’est pour que tu m’attrapes la main parce qu’on va faire la toupie ! ». S’ensuit une prise de vue express sur le tarmac avec l’avion en fond où j’aurai le plaisir de vérifier une fois de plus mon gros manque de coolitude face caméra ! J’ose pas imaginer à quel point j’aurai pu être encore plus craignos dans la même situation à Queenstown ! Avec tout ça il se fait bien 19 heures et tout le monde embarque dans le coucou. Je fais parti du premier lot, nous sommes 4 sauteurs accompagnés de nos instructeurs ainsi que du pilote et de mon photographe perso. Et bien à 10 dans le petit avion, la grosse quinzaine de minutes paraît bien longue, et ferait passer la classe éco d’une compagnie low cost pour un vol en classe affaire !

 
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Nous venons de passer les 13000 pieds, le premier binôme vient de sauter et l’avion s’est cabré pour gagner au plus vite les 16000. Mon instructeur finit de me briefer alors que raisonne Galvanize dans le cockpit. Finalement la porte s’ouvre de nouveau, c’est mon tour. Le photographe se met en place sous l’aile, puis je m’assois sur le marche-pied les jambes pendantes. A ce moment là, le regard happé par les presque 5000 mètres de vide, les notions de temps et d’espace s’évaporent. A peine le temps de remarquer qu’il fait un peu frais à cette altitude que la chute vient juste de commencer, sans vraiment avoir pu décider du moment précis. Le début s’accompagne de cette sensation de haut-le-cœur probablement due à l’accélération inattendue, comme sur une montagne russe, mais avec un « oh putain je tombe ! ». Ca doit durer quelque chose comme 2 ou 3 secondes. Ensuite l’instructeur me tapote sur l’épaule pour m’indiquer que je peux commencer à gesticuler, que mon photographe est juste là devant à immortaliser ma coolitude. Ah ah ah ! Mais moi je suis ailleurs là, je suis en train de chuter et je me sens plus Major Tom que Mime Marceau. Alors même si mon corps arrive à exécuter les quelques instructions reçues plus tôt comme le high-five, je me contenterai d’un pouce levé et de faire le V de la victoire durant toute la chute.

Parce que je ne suis pas un mec cool. Et puis c’est mon premier saut, alors essayer pas de me distraire. La chute est censée durer une minute mais aurait pu durer tellement plus longtemps tellement la sensation est agréable, enivrante. Je suis vachement bien. Le sourire béat et la vue sur le glacier Franz Joseph avec une lumière de coucher de soleil. Plus rien n’existe autour de vous, on fait même abstraction du mec dans son dos (qui est pourtant plus que présent sur les photos). Etre en chute libre, c’est un peu comme être sous la douce emprise de l’alcool ou d’une drogue, sauf que tu chutes au lieu de monter !

 
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Alors effectivement, le plus dur c’est pas la chute. Le plus dur c’est de penser à déclencher l’ouverture du parachute. Et heureusement que c’était pas à moi de le faire, sinon l’atterrissage aurait été douloureux. Quoi que surtout très bref. Enfin tout s’est bien passé ! La voile est ouverte, tout redevient normal alors que je sens de nouveau mon corps et son poids. C’est bien aussi, c’est plus lent. Mon instructeur me montre les bases de la navigation et me passe les commandes. Ni une ni deux, j’en profite pour remettre le glacier en face de mes yeux. Plaisir de courte durée, les impératifs des opérateurs ne sont pas les miens, je dois rendre la main. J’atterris finalement quelques minutes plus tard. Les jambes encore toute tétanisées, j’essaye de faire bonne figure devant mon photographe en baragouinant 2 ou 3 trucs. Voilà, c’est terminé, superbe expérience, super cadeau, merci pour ce moment !

Allez bisous.