La Cote Est.
 
 
 

Après deux bonnes semaines au frais sur les routes de Tasmanie, le besoin de chaleur se fait sentir. Et en Australie, nul besoin de se poser trop de questions pour en trouver, il suffit de prendre la direction du Nord, peu importe le moment de l’année. Un aller simple pour Cairns depuis Hobart. 4 heures de vol plus tard c’est 20 degrés de plus et la chaleur tropicale qui nous attendent ! Après les folies dépensières du Combi VW et de la Pumphouse, nous optons pour une relocation afin de limiter les dépenses. La relocation permet de « louer » un véhicule pour un dollar par jour en rapatriant un véhicule d’une agence d’un loueur à une autre.

Dans notre cas, nous récupérons un camping-car à Cairns pour le redescendre à Sydney. Un périple d’environs 2500 kilomètres en version courte, sans détour, pour l’amour de la route et du service. Mais comme nous aimons prendre le temps de visiter, nous passerons par la côte pour découvrir le littoral, Brisbane, la Gold Coast et ses plages aux noms évocateurs. Au final, cela allongera le parcours de quelques 400 kilomètres. Ce n’est pas une énorme différence mais, si le coût d’une relocation est faible, il faut composer avec les limites de kilométrages et de temps imposés, soit sept jours et 2950 kilomètres.

 
 
 
 
 

Nous prenons possession de notre camping-car, un beau bébé d’un peu plus de sept mètres de long, avec douche, WC, eau chaude, frigo et télévision. Après les deux semaines en Wicked Camper, c’est le jour et la nuit et nous sommes ravis comme des enfants un matin de Noël. Le seul point noir, c’est qu’il nous faut prendre directement la direction du Sud. Pas le temps d’aller visiter la forêt tropicale de Daintree, notre crédit kilométrique nous l’interdit, ni de s’attarder à Cairns pour s’imprégner la chaleur locale. Une fois le frigo plein, nous entamons notre contre-la-montre d’une semaine sur l’A1 accompagnés de nuages bien bas couvant les champs de cannes à sucre dont nous ne soupçonnions pas la culture en Australie. Nous pourrions être arrivés aux Antilles que le paysage ne serait pas bien différent. Quelques pauses photos au bord des champs ou en bord de mer, et nous atteignons notre premier bivouac à Saunder Beach, un spot visiblement bien connu vu le capharnaüm de caravanes et de camping-cars présents. Nuit en bord de mer dans la chaleur du Queensland.

 
 
 
 

Réveillés de bonne heure, nous reprenons notre course vers le Sud. Les éclaircies nous accompagnent sur les premières dizaines de kilomètres, jusque Townville, puis le beau temps prend le pouvoir dans le ciel australien. Nous sommes au niveau de la Grande Barrière de Corail et des Whitsundays, il fait beau et les brochures touristiques nous font de l’œil : croisière en voilier autour des îles, plongée sous-marine au milieu des coraux, ou mieux encore, vol en hydravion au dessus des îles, puis amerrissage aux abords de la Grande Barrière pour plongée paradisiaque ! Nous ne pouvons rien faire de tout ça, on se consolera en se disant que c’est juste un problème de temps !

 
 
 

Mais ce n’est pas une raison pour ne pas profiter de la vue et de cette mer bleu turquoise. Airlie Beach nous accueille pour une ballade à Corail Point où des panneaux annoncent que des crocodiles ont été aperçus non loin d’ici. Nous arpentons donc prudemment la plage et profitons de ce paysage digne des Malborough Sounds, « avec plus d’îles et moins de Sounds » comme dirait Pauline, puis nous laissons le Conway National Park derrière nous. Il nous faut gagner le Cape Hillsborough pour y passer la nuit en prévision d’un lever de soleil kangouresque.

Il fait encore nuit quand nous quittons notre spot de camping, une sorte de terrain vague, que les quelques autres vans ayant passer la nuit avec nous n’auront pas rendu plus plaisant, mais qui a l’avantage de n’être qu’à seulement cinq minutes de notre objectif matinal.  L’aube illumine légèrement la plage de Cape Hillsborough lorsque nous foulons son sable en quête de ces kangourous lève-tôt. Ils sont quelques uns à errer sur la plage alors que le soleil commence à affleurer au dessus de l’horizon. Ils bondissent, traversant la plage de long en large à la recherche de nourriture, mais aussi pour prendre leurs distances des touristes que nous sommes, de plus en plus nombreux au fur et à mesure que le soleil se hisse dans le ciel. Mais trêve de béatitudes devant ces attendrissantes créatures, nous aussi avons un petit-déjeuner à prendre. Un peu de route nous amène jusqu’à un petit spot avec vue mer (on ne s’en lasse pas), où nous profitons de ce temps estival en plein hiver australe. A part ça, de la route et encore de la route, nous avons un quota d’un peu plus de 400 kilomètres par jour alors nous nous appliquons à la tâche ! Le revers de la médaille.

 
 
 
 

Déjà le 4ème jour, nous approchons de l’état du New South Wales. A quelques centaines de kilomètres de Brisbane, nous sentons déjà l’urbanisation s’intensifier. Un détour à Noosa Heads où les plages sont réputées pour être des bons spots de surf. Pas de chance pour nous, ce jour-là il n’y avait pas même un rouleau pour nous impressionner. Mais heureusement, nous avions des glaces avec nous pour profiter du son des vagues qui s’échouent sur la grève sous un soleil de fin d’après-midi. Oui c’est notre petite récompense après presque 500 kilomètres de route. D’ailleurs, après 4 jours, nous en sommes à presque 1800 et nous allons pouvoir alléger les distances pour visiter deux ou trois endroits.

Passé une nuit bien moins bruyante que redoutée, notre aire de repos ayant fait office de parking pour le festival d’à côté, nous n’avons plus été dérangé par le Jacky local et ses donuts en BM une fois que ses potes trouvaient ça plus dangereux pour eux que distrayant à regarder. Cette mise en bouche de retour à la civilisation nous pousse alors à retarder notre arrivée en ville. Nous filons aux Glass House Mountains, la vue est splendide, quelques pics rocheux surgissent en plein milieu de la forêt d’eucalyptus.  Rien de très élevé, les altitudes des formations montagneuses en Australie sont toujours très modestes, quelques centaines de mètres tout au plus pour celles que nous avons sous les yeux. C’est toujours plus haut que les tours du CBD de Brisbane qui nous tendent les bras.

 
 
 
 

Après quelques visites de bookstores dans le CBD, nous nous promenons autour de la plage synthétique du centre-ville qui a un succès fou malgré l’abondance de plages naturelles à quelques kilomètres de là. On ne peut même pas dire que la température de l’eau de cette « plage » joue en sa faveur vu les réactions des baigneurs. En tout cas, cette scène est assez surréaliste au milieu de buildings et des joueurs de Pokemon Go qui pullulent, autour de cette piscine géante, tête baissée à traquer la bête virtuelle. D’ailleurs, c’en est assez de tout ce virtuel, nous abandonnons la place et prenons la direction de la Gold Coast et de ses vraies plages.

 

La Gold Coast, c’est un mélange de Cote d’Azur et de Floride. C’est urbanisé à outrance et l’ambiance ressemble à ce que les séries TV américaines nous vendent depuis des décennies. Les plages s’appellent Surfers Paradise, Miami ou encore Palm Beach, et comptent moins de vagues et de surfeurs que les plages anonymes de Tasmanie ou de la Great Ocean Road. Bref cette plage n’a de paradisiaque que le nom, à mon sens, finir sa vague dans la chaleur des gaz d’échappement des voitures, c’est un concept de paradis qui n’est pas très emballant.

Avant-dernier jour du contre-la-montre, étape à Byron Bay ! Petite station balnéaire au sud de la Gold Coast, qui bien que très fréquentée reste plus charmante que ces voisines du nord. Il est seulement 9 heures et les places de parking sont déjà rares. Mais comme c’est une bonne journée, 8 mètres de vide nous attendent pour caser notre camping-car de luxe entre deux vans de surfeurs, avec la vue sur la mer ! Cela tombe drôlement bien car nous pourrons admirer les bancs de dauphins se promener l’air de rien entre les surfeurs et les kayaks de mer pendant notre petit-déjeuner.

 
 
 
 

Mais ce n’est pas tout, lors de notre ballade autour du phare de Cape Byron, nous pourrons même voir, ou plutôt deviner, la présence de plusieurs baleines dans la baie à leur respiration provoquant des gerbes d’eau et d’écume à plusieurs centaines de mètres du rivage. Mais sinon le phare est très joli et il fait super beau ! Allez, il nous reste 400 kilomètres à parcourir et une jolie surprise.

Lundi 25 juillet ! Il est 8 heures et il nous reste seulement 6 heures et demie pour parcourir nos derniers 400 kilomètres. Mais avant de prendre la route depuis Port Macquarie, la visite de l’hôpital de koalas s’impose. Nous n’avions pas encore eu la chance d’en croiser, à part celui aperçu sur la Great Ocean Road bien trop haut dans son arbre alors nous n’allons pas nous priver. Ces petites boules de poils sont encore en train de dormir sur leurs perchoirs lorsque nous commençons notre visite. Heureusement pour nous, les bénévoles les nourrissentà ce moment là, ce qui nous permet de les observer alors qu’ils émergent de leur sommeil, tendant leurs mains vers les branchages d’eucalyptus fraichement mis à leur disposition.

 
 
 

Mais le temps presse un peu, le planning est serré ! Nous enfilons les dernières centaines de kilomètres, il n’y a pas trop de travaux sur cette section et nous tenons les 100 km/h jusqu’à Sydney. Un petit passage à notre hôtel pour déposer nos affaires car les transports publics nous attendent une fois le camping-car rendu. Il est 14h25 quand nous déposons le van, il reste 70 kilomètres de crédit et le réservoir d’essence est presque vide. Mission accomplie !

 

Si financièrement, la relocation est une solution avantageuse, elle nourrit pas mal de frustration en ce qui concerne le temps laissé à la découverte d’une région. Nous n’attendions pas grand chose de la Cote Est australienne et nous nous étions préparés à faire l’impasse sur quelques activités. Nous sommes surtout déçus de ne pas avoir pu visiter le parc national de Daintree ainsi que prendre le temps de trainer dans les Whitsundays. En revanche, cette expérience nous a permis de prendre la mesure de ce qui nous attend entre Sydney et Perth et sa faisabilité. C’est donc avec une certaine impatience que nous attendons de récupérer notre prochain van pour un périple de 53 jours et 10000 kilomètres à travers l’Australie ! Qu’il est grand ce pays !!!

Allez Bisous.